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Les canons de beauté et l'évolution de la silhouette féminine idéalisée au travers des âges

Les canons de beauté et l’évolution de la silhouette féminine idéalisée au travers des âges

Monsieur de Silhouette, Chancelier du Duc d’Orléans, Contrôleur des Finances au XVIII siècle, pris des mesures fiscales très impopulaires. Par protestation on porta des vêtements étriqués qui modifièrent l’aspect du corps d’où le nom de silhouette. Il fut très rapidement relevé de sa charge et ridiculisé par les nombreux dessins de son effigie qui circulèrent dans le pays. Une consolation pour lui : il laissa son nom à la postérité.

La silhouette féminine a été dessinée et sculptée de tout temps. De l’âge paléolithique, nous connaissons les peintures murales des cavernes, ainsi qu’environ 300 figurines ; la plus ancienne est âgée de 20 000 ans environ, c’est la Vénus Autrichienne ou Vénus de Willendorf, bourgade à 50 km de Vienne. Taillée dans un calcaire poreux et badigeonnée de pigments ocre, cette figurine a un ventre et des seins énormes.

D’autres exemples de statuettes ne manquent pas : celles du groupe Pyrénées-Aquitaine, avec les Vénus de Horn, de Lespugne, de Sireuil et de Tursac ; celles d’Italie : Vénus de Rhombus, Savignano, Grimaldi ; celles du groupe Rhin-Danuble : Vénus de Dolni Vestonice, Vénus de Willendorf ; celles de Russie : Vénus de Koskenki , d’Eliseviche. Enfin celles de l’Ile de Malte qui peuvent être incluses dans les figurines de l’âge paléolithique en raison de mode taille, même si elles appartiennent à l’âge néolithique.

Toutes ces statues présentent le même type de silhouette : peu callipyges mais largement stéatopyges, avec d’énormes fesses, parfois plates, étalées de la hanche au milieu des cuisses, semblables à la fausse culotte de cheval de l’obèse, une courbe ilio-fémoro-rotulienne brisée, des seins très gros, souvent pendants, une petite tête et des bras minces. Ce type de silhouette semble correspondre à des civilisations souvent sédentaires et matriarcales. Cette réserve de graisse représente d’abord une réserve calorique importante et parfois bien nécessaire à la survie des tribus. Elle peut donc être considérée comme symbole de vitalité, d’autant que le rôle de la maternité et de fécondité de la femme était très important, voire prédominant par rapport au rôle de l’homme, destiné à la chasse et au combat. La femme fut même l’objet d’un culte divin à l’âge paléolithique supérieur : chargée de reproduction, elle fut cachée et suralimentée dans sa caverne, semblable à la reine des abeilles dans une ruche. Cette représentation de la femme est donc la traduction symbolique de trois notions : féminité, abondance et sexualité. De plus, la correspondance ente les fresques des cavernes et les animaux tels que les bisons font penser qu’il s’agit, non seulement d’un symbole mais aussi d’une réalité.

Cependant, il existe un autre type de figurines paléolithiques qui présentent des caractéristiques bien différentes : longilignes, étroites, sans aucune accumulation de graisse, la tête relativement grosse, les épaules larges. Bien moins nombreuses, elles ont été trouvées en Asie et en Sibérie où le type de civilisation aurait été itinérant et patriarcal. On comprend alors que les réserves caloriques soient rares et que devenues encombrantes elles aient été combattues et non idéalisées. Dans les civilisations préclassiques que ce soit en Europe, en Amérique Centrale ou en Afrique, la femme est représentée solide en hanches et en tour de taille, buste souvent étroit mais seins assez volumineux et cuisses massives.

Les Egyptiens, en revanche, nous ont laissé des silhouettes féminines sveltes, avec de petits seins hauts placés et séparés par une large gorge, une taille bien marquée et des membres fins.

Avec les Civilisations Classiques Gréco-Romaines, on revient à des formes plus corpulentes, surtout à son début. Les hanches et la taille sont assez fortes, puis s’affinent ; les courbes sont douces. L’idéal de beauté délicate est représenté par les jeunes femmes, souvent prises comme valeur de sculpture. A Athènes, la règle de vigueur est de cacher et de comprimer les parties du corps jugées excessives mais de les laisser découvertes si elles sont belles.

Dans l’Europe du Moyen-âge les arts sont surtout religieux. Les attributs sexuels sont combattus ; les femmes sont représentées avec une silhouette maigre, les épaules étroites, le thorax plat, les jambes fines pour ne pas éveiller de désir charnel chez l’homme.

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La Renaissance remet au goût du jour la beauté classique gréco-romaine en même temps que l’attrait pour la vie augmente. La jouissance et le luxe sont étalés au grand jour. Les chairs opulentes ne sont nullement dissimulées ; certains tableaux des familles Borgia ou Médicis nous le rappellent ce qui déclenche chez les Moralistes des réactions souvent importantes et des jugements tels que l’indécence voire l’impudicité ! Les peintres Botticelli, Le Titien, Ingres, Véronèse, Vélasquez, Rubens et Fragonard exaltent les formes un peu lourdes des nus en même temps que seule la moitié supérieure du corps est mise en valeur par les robes à crinoline et à corsets qui font surgir le buste comme une fleur d’un vase.

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Puis arrive une nouvelle silhouette féminine avec Le Romantisme. Elle est volontiers fine, inspirant la fragilité. Ce canon esthétique devient presque morbide, traduisant un attendrissement exacerbé de la personne sur elle-même.

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Le XXème siècle amène une féminité assez garçonne si l’on peut dire. Il fut toutefois traversé par quelques courants fugaces où les formes imposantes sont nettes : on citera par exemple la période bleue de Picasso.

Cela dit, dans la majorité des cas, la femme est souvent mince avec de petits seins. Elle va de plus en plus pouvoir s’identifier à l’homme et à sa mode vestimentaire ce qui ne va pas aller sans problème. En effet les robes amples furent utilisées jusqu’à notre siècle, puis elles furent remplacées par des robes étroites et très ajustées ou même par des pantalons.

Plus récemment encore, apparaît la femme athlétique du bodybuilding avec épaules larges, bassin étroit, cuisses fermes et sans graisse. Un pas de plus est franchi dans l’évolution d’une société patriarcale pour ne pas dire phallocrate et il est pour le moins curieux de constater que la femme voulant se « libérer » semble parfois se déclasser en voulant s’assimiler à l’homme.

Enfin avec Le Troisième Millénaire, on perçoit une modification de la silhouette féminine particulièrement au niveau de la poitrine.

Les femmes des années 80 rêvaient de forme filiforme dans la globalité de leur corps et le chirurgien plasticien était amené à pratiquer une chirurgie mammaire de réduction très souvent. Au cours de la dernière décennie, les femmes désirent une silhouette mince avec une poitrine généreuse et opulente. Autant dire que la tâche devient pour la femme difficile voire impossible naturellement et que la chirurgie est une voie forcée et obligatoire. C’est ainsi que ce même chirurgien plasticien ne pratique plus que très rarement quelques années après cette chirurgie de réduction alors que la pose de prothèses mammaires a vu son nombre exploser.


Ce rapide tour d’horizon de la silhouette à travers les âges nous suggère quelques remarques : En dehors des figurines paléolithiques, jamais dans l’histoire de l’art on ne retrouve une silhouette avec une culotte de cheval. Les femmes nues montrent parfois des chairs abondantes mais toujours de façon généralisée et non localisée à la face externe des cuisses.

Les nus descendent dans la rue ou du moins sur les plages, alors que jusqu’au XIXème siècle ils étaient à peu près réservés aux oeuvres de peintres, lesquels pouvaient modifier comme bon leur semblaient telle ou telle partie du corps jugée inesthétique. Aujourd’hui tricher n’est plus possible !

La mode vestimentaire actuelle n’offre guère de choix à un autre modèle de canon esthétique que celui dicté par notre époque. Il est vrai que cette mode répond à un besoin actuel et non pas l’inverse… ou du moins on l’espère, la question reste tout de même ouverte.

Un nouveau pas est franchi dans la quête de l’idéal féminin lorsque celui-ci n’est plus possible naturellement et qu’il doit passer par un moyen chirurgical donc invasif. Dame Nature est une nouvelle fois bafouée. Les formidables progrès techniques sont-ils sages ?

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